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Salon
Rétromobile 2008
Photos
: Sylvain Richard
Texte : Sylvain Richard

L'édition 2008 du salon Rétromobile vient
d'ouvrir vendredi dernier ses portes pour 10 jours.
Le
Thème 2008 est : les femmes et l’automobile
Objet
de séduction par excellence au début du XXème siècle, l’automobile
a tout naturellement été associée à la femme. L’une sublimant
l’autre, elles ont fait équipe pour le plus grand bonheur
des esthètes : la Voisin de Mistinguett, la Mors de Gaby
Morlay, la Delage de Joséphine Baker…
De cette époque, il reste des souvenirs marquants que Rétromobile
propose de redécouvrir à travers photos de mode, témoignages
de femmes pilotes, sans oublier quelques unes des voitures
les plus emblématiques.
Hall
4.0 - Première partie du salon
Vente
aux enchères Bonhams (le 9 février 2008 à
18h)
Comme
chaque année, Rétromobile accueille une vente aux enchères
de véhicules de collection.

La
société Bonhams présente cette année quelque 70 automobiles
dont certaines pièces d’exception comme l’extraordinaire
Mercedes 500 K cabriolet A ayant appartenu au peintre Georges
Matthieu et qu’il a utilisée régulièrement pendant 50 ans.

On
peut également noter plusieurs voitures provenant de la
collection de Pim Hascher, collectionneur hollandais de
la première heure : Bugatti Type 43, Hispano H6B carrossée
par Freestone & Webb, Bugatti Type 101… Deux autres collections
enrichissent la vente de plusieurs belles GT des années
60, alors qu’une Salmson Grand Prix 1927 offre une patine
d’une rare authenticité et qu’un torpédo Farman commandé
par un maharadjah rappelle par son style flamboyant les
grandes heures des années vingt.
Le
garage de Jean-Pierre Foucault
Pour
Jean-Pierre Foucault, réunir des automobiles anciennes n’est
pas un caprice de star.
« Mon père, raconte-t-il dans l’ouvrage qu’il a récemment
consacré aux voitures qu’il aime*, était négociant en fruits
et légumes à Marseille et adorait l’automobile. C’est lui
qui m’a transmis cette passion dévorante qui s’épanouit
en moi depuis mon plus jeune âge. »
Une
passion qui prend naissance à bord d’une Delahaye 135, dont
son père avait fait l’acquisition en 1947.
« C’était la voiture qu’on sortait le dimanche, celle qui
était décapotable, celle dont il fallait recharger la batterie
en permanence (…) Dans mes souvenirs, la Delahaye est également
associée aux pique-niques que nous faisions dans la campagne
provençale. On ne partait pas loin, mais c’était agréable.
C’était une vie simple. »

Mais
pour tous les jours, la famille Foucault utilise une voiture
plus modeste, une Simca Huit, bientôt remplacée par une
2 CV.
« La petite Citroën a rapidement pris de l’importance dans
ma vie d’enfant. Mon père m’emmenait souvent pour voir arriver
les bateaux de fruits qui venaient pour la plupart d’Afrique,
chargés d’oranges pour ceux qui avaient quitté les côtes
d’Afrique du Nord, remplis d’ananas pour ceux qui arrivaient
de Côte d’Ivoire. On repartait du port avec un cageot de
fruits exotiques qui remplissait la voiture d’un envoûtant
parfum. »
Citroën
: 60 bougies pour la 2 CV !
L’idée a germé dès 1936 dans l’esprit de Pierre Boulanger,
directeur des usines Citroën à l’époque : le véhicule se
doit d’être à la portée de tous les budgets, capable de
transporter 4 personnes et leurs bagages, le tout à la vitesse
moyenne de 50 km/h. Un an plus tard, le premier prototype
de la TPV (très petite voiture) voit le jour : très léger
avec ses 500 kg, 4 portes donnant accès à 4 places… et un
capot avant bombé qui cache un petit moteur développant
la puissance de deux chevaux : il n’en fallait pas davantage
pour que naisse la légende.
Construits
à plusieurs exemplaires en vue d’une présentation au Salon
de l’Auto 1939, les prototypes sont stoppés dans leur élan
par la déclaration de guerre, et dissimulés aux yeux de
l’occupant. Pierre Boulanger et son équipe continuent cependant,
en secret, à travailler sur la TPV. Les essais reprennent
en 1946 sur un terrain acquis par Citroën et qui reste encore
de nos jours le centre d’essais de la marque. Et au Salon
de l’Auto de Paris 1948, la 2 CV est officiellement présentée
à un public qui ne tarde pas à l’adopter, provoquant un
allongement des délais de livraison qui peuvent atteindre
plusieurs mois au début des années cinquante !
Exceptionnelle
de simplicité et d’ingéniosité, la 2 CV offre de réelles
qualités routières de tenue de route, confort et robustesse.
En 1951, pour répondre à la clientèle d’artisans et des
administrations (PTT, par exemple), Citroën lance un modèle
utilitaire : la 2 CV fourgonnette, véritable bonne à tout
faire. En 1954, la 2 CV troque son 375 cm3 un peu limité
contre un 425 plus puissant, puis adopte en 1956 une large
lunette arrière, suivie l’année suivante d’un couvercle
de malle arrière en tôle. A cette époque, la production
dépasse déjà les 100 000 exemplaires.
La
décennie 60 commence par la présentation d’une version tout-terrain,
la « Sahara », destinée aux territoires d’outre-mer. Pourvue
de deux moteurs, elle fait, lors de sa présentation officielle
en 1961, la démonstration de ses capacités en se hissant
au sommet de la dune du Pyla. Les années 60 marquent surtout
les premiers liftings opérés sur la carrosserie légendaire.
Le capot arbore maintenant cinq nervures. Les portes, jusqu’alors
ouvertes dans le « mauvais » sens, sont mises au standard
général. La calandre reçoit trois barres horizontales (les
« trois lames ») en aluminium et le plastique fait son apparition
sur les renforts de pare-chocs, traditionnellement métalliques.
Ces modifications s’accompagnent de la disparition du compteur
de vitesse sommaire, qui laisse place à un vrai tableau
de bord, d’une amélioration du confort 13 intérieur et de
l’apparition d’une troisième glace latérale. Entretemps,
la 2 CV a conquis tous les publics : agriculteur, ecclésiastique,
commerçant, médecin de campagne, jeune père de famille…
Avec les 2 CV 4 et 2 CV 6 présentées en 1970, Citroën passe
la vitesse supérieure : cylindrée plus importante et conception
plus moderne se traduisent par une amélioration sensible
des performances, la vitesse de pointe dépassant désormais
le cap des 100 km/h !
Les
années 80 seront celles des séries spéciales : après la
« Spot », une des plus célèbres sera la « Charleston » présentée
en 1981. Elle reprend pour l’occasion des phares ronds chromés
et arbore une peinture bicolore d’une découpe rappelant
les années 30. En 1985, la « Dolly » est à son tour proposée
au catalogue, associant cette fois des teintes voyantes
(vanille et gris ou vert et blanc, par exemple). En 1986,
Citroën pousse le principe toujours plus loin en lançant
sa dernière version limitée, la « Cocorico » aux couleurs
du drapeau français. Ce chant du coq sera aussi celui du
cygne puisque l’usine de Levallois cesse de tourner au printemps
1988. La fabrication se poursuit toutefois au Portugal,
sur la chaîne de l’usine de Mangualde d’où sort le dernier
modèle en juillet 1990, après plus de 3 800 000 exemplaires
produits et 41 ans de carrière !
Pour
célébrer les 60 ans du modèle, Citroën présente sur son
espace trois versions historiques de la 2 CV : un prototype
restaurée de "TPV" de 1939, qui est à l’origine de la 2
CV, une 2 CV de 1950 comptant parmi les premières versions
de série, et la dernière 2 CV produite à Levallois en 1988.

Peugeot
: Attention ! Carrosseries haut de gamme
En
juillet 2008, le musée Peugeot de Sochaux fêtera ses 20
ans ; l’occasion de présenter à Rétromobile cinq des plus
beaux fleurons de cette collection qui traduisent la capacité
de la marque à produire des carrosseries aux habitacles
équipés avec luxe.
Peugeot
Type 8 phaéton «Victoria » 1893.
Lancée par Armand Peugeot, qui s’attelle à développer la
construction automobile dès 1892, ce modèle « à pétrole
» est construit sur une base de fiacre doté d’un petit bicylindre
en V de 1 280 cm3 d’origine Daimler. Elle est équipée de
pneus Michelin.
Peugeot
Type 81B double-phaéton 1906.
Dès le début du siècle dernier, Peugeot produit de « grosses
» automobiles pouvant désormais embarquer quatre passagers
ou plus, grâce à des carrosseries plus volumineuses. Ainsi,
le « double » phaéton comporte deux rangées de sièges. Parmi
ces nouveaux modèles d’exception, on compte la Type 81.
Sa robustesse mécanique lui permettra de se joindre aux
taxis de la Marne acheminant les troupes lors de la Première
Guerre mondiale.
Peugeot
Type 125 runabout 1910.
Avec ses sièges enveloppants, précurseurs des baquets actuels
de compétition, et sa carrosserie arrière fuyante, la Type
125 inaugure le concept de modèle « compétition-client »
de la gamme Peugeot.
Peugeot
Type 153 BRA 1922.
Durant les années folles, les marques automobiles se lancent
dans la commercialisation de voitures de maître répondant
aux besoins de faste des classes aisées. Chez Peugeot, ces
voitures sont parfois habillées par le célèbre carrossier
Henri Chapron, comme la 153 BRA limousine. Son moteur permet
d’atteindre 80 km/h dans d’excellentes conditions de confort.
Peugeot Type 184 landaulet 1928.
La Peugeot Type184 est le dernier véhicule sorti des ateliers
de restauration du musée de Sochaux, après un très long
travail de remise en état. Créé par le carrossier Henri
Labourdette, ce modèle compte parmi les voitures de luxe
de l’époque. Les 80 chevaux de son moteur six cylindres
peuvent emmener cette belle automobile à plus de 100 km/h,
berçant ses occupants dans le cadre d’un luxueux habitacle
de style Art Déco.
Pour
compléter cette présentation de véhicules du musée et se
rapprocher du thème général du salon « La femme et l’automobile
», L’Aventure Peugeot expose quelques moyens de locomotion
ayant participé à l’émancipation de la femme au tournant
des XIXe et XXe siècles : un vélo acatène datant de 1899
et une bicyclette modèle « Dame luxe » de 1906.
BMW
: 30 ans de passion pour les séries « M »
BMW
Motorsport, filiale de BMW créée en 1972, engage à ses débuts
des voitures aux couleurs caractéristiques rouge, violet
et bleu dont la réputation dépasse rapidement le simple
cadre des circuits. C’est ainsi que naît, sous la pression
d’une clientèle désirant retrouver sur des modèles de route
les qualités de ceux issus de la course, le premier projet
de série spéciale BMW : la « Turbo Studie ». Présentée dans
les grands salons automobiles de l’année 1972, la « Studie
» préfigure déjà les grandes lignes de la future M1. Cependant,
malgré ses atouts, le projet est ajourné pour cause de crise
pétrolière. Au fil du temps, le domaine de compétences de
BMW Motorsport s’élargit. C’est pourquoi, en août 1993,
la société BMW Motorsport devient BMW M.

La
M1 est présentée pour la première fois au Salon de l’Auto
de Paris en 1978. Dérivée très directement de la version
course, la M1 de route affiche des performances hors du
commun grâce à son moteur six cylindres de 277 chevaux,
qui lui permet de dépasser 260 km/h en pointe. Sur circuit,
dans le cadre du championnat « Procar » qui ouvre les Grands
Prix de Formule 1, les M1 sont pilotées par de grands noms,
de Niki Lauda à Nelson Piquet. Mais le succès commercial
est mitigé. Des problèmes de fournisseurs contrarient la
production du modèle compromettant la carrière de la M1
qui s’achève prématurément en 1981 sur le chiffre de 463
unités construites. Malgré ce résultat en demi-teinte, la
perception de la marque BMW a évolué auprès du grand public.
Désormais, l’image de la firme allemande est associée au
sport auto. Après la M1, BMW réaffirme son intention de
proposer des véhicules à vocation très sportive avec les
M3 et M5. Pour la M3, l’objectif est de créer une voiture
ultra-sportive. Le kit de carrosserie comprend un aileron
arrière volumineux, des ailes élargies et d’imposants boucliers.
Dans le cas de la M5, seuls les plus avertis peuvent déceler
une différence avec la berline de 15 série. La voiture,
plus basse et plus trapue, bénéficie d’une ligne très proche
d’une version de route. À partir de cette date, la puissance
et les performances vont augmenter à chaque nouvelle évolution
pour aboutir aux versions actuelles comme les Limousine
M3 (8 cylindres) et M5 (dix cylindres). Aujourd’hui, la
société BMW M, avec 600 employés, bénéficie d’un statut
de constructeur à part entière pour les modèles M de la
gamme BMW.

Mercedes-Benz
: une histoire de femmes
Le 20 juillet 1872, Bertha Ringer épouse Karl Benz. La jeune
femme s’engage alors dans le combat difficile que mène son
mari pour imposer un nouveau mode de locomotion : un véhicule
à trois roues équipé d’un moteur. Poussé par son épouse,
Karl Benz dépose, au nom de la société Benz & Cie, un brevet
pour le nouveau véhicule en janvier 1886. Ce titre marque
la naissance officielle de l’automobile... Cependant, malgré
l’engouement populaire 17 suscité par l’invention, le succès
commercial tarde à venir. Le public se méfie de l’engin
et s’interroge sur les « forces secrètes » lui permettant
de rouler ! Bertha Benz décide alors, à l’insu de son mari,
de faire la démonstration des qualités du tricycle à moteur.
Accompagnée de ses deux fils, elle parcourt aux commandes
du véhicule la distance séparant les villes de Mannheim
et Pforzheim. Cette « tournée promotionnelle », aventure
exceptionnelle pour l’époque, va asseoir la réputation de
la marque et permettre son envol commercial. Dans ses mémoires,
Karl Benz, conscient du rôle déterminant de son épouse,
lui rendra un hommage appuyé : « Seule une personne a persévéré
à mes côtés, en ces moments où la ruine nous menaçait. C’est
ma femme. Avec bravoure et courage, elle a hissé les nouvelles
voiles de l’espoir. »
Emil Jellinek, passionné d’automobiles et homme d’affaires
résidant à Nice, achète très tôt ses premières voitures,
et porte son intérêt sur la société Daimler. En 1897, il
commande une première voiture dont les performances se révèlent
trop modestes à son goût. Il demande alors au constructeur
de mettre au point des véhicules plus puissants. En 1898,
il prend possession de deux voitures « Phoenix » livrées
par Daimler et équipées pour la première fois d’un moteur
quatre cylindres. À compter de cette date, Emil se lance
dans le commerce d’automobiles Daimler : 10 voitures vendues
en 1899, puis 29 l’année suivante. Disposant de voitures
toujours plus performantes, il se tourne vers la course
automobile et inscrit une Daimler pour la première fois
le 21 mars 1899 au rallye Nice-Magagnon-Nice. C’est à cette
occasion qu’il emprunte le prénom de sa fille « Mercedes
» comme pseudonyme de pilote. Fin volant, il donne au nom
une certaine notoriété, qu’il va transposer aux voitures
ellesmêmes : Jellinek et Daimler s’associent pour développer
un nouveau moteur sous le nom de « Daimler-Mercedes ». Le
22 décembre 1900, la première Mercedes est livrée à Jellinek
: elle intègre de nombreuses innovations qui en font la
première automobile moderne de l’histoire. Le 23 juin 1902,
le nom « Mercedes » devient une marque commerciale. Entré
au conseil d’administration de Daimler, Jellinek demande
à Wilhelm Maybach et Paul Daimler de lancer les premières
séries de voitures de tourisme Mercedes « Simplex ». L’histoire
est en marche.

D'autres
véhicules intéressants et pour certains rares
(Alfa Romeo, Voisin, ...) furent présents dans ce
Hall 4.0.

Un
grand nombre de vendeurs de documentations automobiles,
des miniatures et quelques rares vendeurs de pièces
détachées, spécialisés sur les
voitures françaises, sont présents comme à
chaque édition. Cette année, des choses intéressantes
furent découvertes : des Audi A4 Avant Polizia en
Résine au 1/43, de belles pièces Horch et
Auto Union au 1/24 et 1/12, des voitures à pédales,
de nombreuses pièces et documentations. Et le clou
de la visite fut pour moi un coffret écrin en cuir
renfermant les insignes de toutes les marques du Patrimoine
Audi, datant de 1984. Ce fut un cadeau pour les 90 ans d'un
Baron Suisse.

Quelques
objets divers intéressants, vus dans les allées
du Salon. Les batreaux datant des années 30 sont
sublimes.

Hall
3 - Deuxième Partie du Salon
15
ans avant le TGV : l’aérotrain
Ingénieur
ingénieux et visionnaire, Jean Bertin imagina dès 1957 l’un
des projets les plus ambitieux du monde de la locomotion
: l’Aérotrain, ce moyen de transport sur coussin d’air,
léger, rapide et économique, propulsé sur un rail de béton
à 300 km/h par une hélice d’avion ! Plusieurs prototypes
et quelques records de vitesse plus tard, la construction
de l’Aérotrain 180 entre Paris et Orléans est entreprise
sur un premier tronçon de 18 km. Le 13 décembre 1969, l’engin
fait ses premiers essais avec 80 passagers à son bord. Le
succès est immédiat. Le Président Pompidou, enthousiaste,
décide d’allouer les budgets nécessaires au développement
de l’Aérotrain, mais son décès en avril 1974 précipite la
fin du 8 projet. Le Président Giscard d’Estaing ne donnera
pas suite au contrat signé avec la société Bertin, prévoyant
une ligne entre La Défense et Cergy Pontoise.
Le
seul exemplaire de l’aérotrain a brulé lors d’un incendie
en 1992. Aujourd’hui, ne reste de cette aventure qu’un rail
de béton qui traverse la campagne orléanaise à 8 mètres
de hauteur… A l’occasion de Rétromobile, la Société Bertin
Technologie et l’Association des Amis de Jean Bertin ont
dévoilé les programmes de recherche réalisés
dans les années 60, et traitant (déjà) des problèmes liés
aux transports et à la pollution des grandes villes. Outre
l’Aérotrain, de très nombreux projets ont été envisagés
ou ont vu le jour. Parmi eux, une voiture hybride « l’Ecomobile
», mais aussi de nouveaux véhicules électriques, des éoliennes
à axe vertical, le développement de l’utilisation de la
turbine à gaz, la batterie solaire de la pile à combustible,
le procédé de dépollution des mers, l’implantation de tours
de dépollution de l’air dans les grandes villes, l’utilisation
du coussin d’air dans la manutention de charges lourdes.
A découvrir : maquettes, films d’époque, photos…
et le prototype « Aérotrain 02 » dont le poste de pilotage
est à visiter.
La
moto dans tous ses états
Depuis 1871, date de son invention par Louis-Guillaume Perreaux,
la moto a fait l’objet d’innombrables réalisations, parfois
surprenantes, souvent inattendues.
C’est
ainsi que son moteur a été positionné un peu partout : au-dessus
de la roue avant sur la Werner de 1898, soit près de 50
ans avant la naissance du VéloSolex ; dans la roue arrière
comme sur la Millet de 1894 ; dans la roue avant ; sur le
porte-bagage dans le cas du Skootamota de 1920 qu’utilisa
Mistinguett ; sur le côté de la roue arrière ou de la roue
avant ; parfois même elle n’eut qu’une roue, de très grand
diamètre, à l’intérieur de laquelle prenait place le conducteur.
Plus surprenantes encore, il y eut des motos dotées d’une
chenille : Rétromobile en présentait deux, construites en
France en 1932 et 1939. L’originalité technique peut aussi
être plus subtile, comme sur la Imme de 1950, dont les deux
roues sont montées en porte-à-faux, ou comme sur le Tri-Moto
Bert de 1929 qui transporte un passager dans une caisse
placée devant le conducteur, ou encore comme sur le side-car
articulé « Toro » qui s’incline en virage comme une moto
solo.
On
a habillé la moto de mille manières : elle peut être d’une
stricte nudité — un cadre, deux roues, un guidon et un moteur
— ou disparaître sous un carénage dissimulant tous ses organes,
comme sur la 1000 Vincent « Black Knight » de 1950. Elle
peut encore singer l’automobile et devenir une véritable
conduite intérieure, comme la Monotrace de 1925 qui a besoin
de deux roulettes escamotables au moment du démarrage ou
du retour à l’arrêt. Mais elle peut aussi être élégamment
vêtue d’une carrosserie raffinée : c’est le cas de la Ner-a-car
du début des années vingt. On a aussi adapté la moto à toutes
les tâches : elle peut presque être un véhicule familial,
qui transporte trois personnes les unes derrière les autres,
ou deux adultes plus un enfa |